Le socialiste Antonio José Seguro, favori de la présidentielle au Portugal, vote le 8 février 2026 à Caldas da Rainha, au nord de Lisbonne ( AFP / PATRICIA DE MELO MOREIRA )
Le socialiste modéré de 63 ans Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle au Portugal, en devançant largement son adversaire d'extrême droite André Ventura, qui conforte tout de même ses ambitions grandissantes.
Selon des résultats portant sur 99,2% des circonscriptions, M. Seguro a obtenu 66,8% des suffrages, contre 33,2% pour M. Ventura, député de 43 ans et président de la formation Chega ("Assez").
L'ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014) succédera ainsi le 9 mars prochain au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans.
"Les vainqueurs ce soir ce sont les Portugais et la démocratie", a réagi le futur chef de l'Etat, en affichant la volonté d'être "le président de tous les Portugais".
Alors qu'André Ventura promettait une "rupture" avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, Antonio José Seguro avait mis en garde contre "le cauchemar" dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l'emportait.
La voix du Portugal en soutien de "valeurs européennes communes" reste "forte", a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
- "Esprit de convergence" -
Après avoir passé une décennie en retrait de la vie politique, l'ancien député et ex-ministre avait remporté le premier tour avec 31,1% des suffrages et s'était ensuite assuré le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l'extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro.
Un femme dans un bureau de vote à Caldas da Rainha, au nord de Lisbonne, lors du second tour de l'élection présidentielle, le 8 février 2026 ( AFP / PATRICIA DE MELO MOREIRA )
Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s'appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l'extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.
Dimanche soir, le Premier ministre a promis de travailler avec le prochain président dans un "esprit de convergence", afin de "garantir la stabilité politique".
M. Ventura avait quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti d'extrême droite, devenu la première force d'opposition l'an dernier.
Le président de Chega a reconnu sa défaite de dimanche, tout en se félicitant d'avoir offert à sa formation "le meilleur résultat de son histoire".
"Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays", a-t-il lancé devant ses partisans, mettant en avant le fait d'avoir obtenu un meilleur score que celui du camp gouvernemental lors des législatives de mai 2025.
- Tempêtes meurtrières -
Si le rôle du chef de l'Etat portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections anticipées.
Etant donné que "le gouvernement ne dispose toujours pas d'une majorité au Parlement", le nouveau président "restera au centre du jeu politique", a commenté le politologue Bruno Ferreira da Costa, de l'université Beira Interior.
André Ventura, leader du parti d'extrême droite Chega (Assez), vote pour le second tour de l'élection présidentielle portugaise à Lisbonne, le 8 février 2026 ( AFP / FILIPE AMORIM )
Après le premier tour, la campagne a été totalement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d'une semaine.
L'écrasante majorité des 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger était néanmoins appelée à voter dimanche et, malgré les craintes d'une démobilisation des électeurs, le taux d'abstention (49,9%) n'a que légèrement dépassé celui du premier tour, qui avait connu la plus forte participation depuis la présidentielle de 2006.
"Je pense qu'ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections", a témoigné à l'AFP Celeste Caldeira, une enseignante à la retraite de 87 ans.
"Là on a deux candidats. Soit on vote pour celui qui pense à l'intérêt de tous, ou alors je ne sais pas où on va", avait-elle ajouté après avoir déposé son bulletin dans une école du centre de Lisbonne.

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